Avec AYA, Élena veut rendre la contraception plus fiable, plus douce et plus autonome
Étudiante en chirurgie dentaire et en santé publique, et très engagée dans les actions de prévention, Élena CAM, membre de la promo IMPACT, développe AYA, un dispositif de monitorage du cycle féminin qui ambitionne d’offrir une alternative fiable, non hormonale et fondée sur des données biologiques. Un projet à la croisée de la science, de la prévention et de l’autonomisation des femmes, pensé pour rendre la compréhension du cycle plus simple, plus précise et moins anxiogène.
Passeport Armorique pour Entreprendre : Bonjour, peux-tu nous parler de toi en quelques mots ?
Elena : Je m’appelle Elena CAM, j’ai 24 ans et je vis à Dinard. Je suis étudiante en chirurgie dentaire à Rennes et je poursuis en parallèle un double cursus en Master de santé publique, spécialité Pilotage des politiques et actions en santé publique à l’EHESP. Au cours de mes études, je me suis fortement investie dans des actions de prévention en santé auprès des étudiants sur différentes thématiques, ce qui a renforcé mon intérêt pour la promotion de la santé et les stratégies de prévention innovantes.

PAE : Quel est ton projet entrepreneurial et quelle est son ambition ?
Elena : AYA est un dispositif de monitorage du cycle féminin destiné aux femmes qui souhaitent une alternative fiable et non hormonale à la contraception, et ayant un cycle régulier.
Le projet s’adresse en particulier aux femmes qui tolèrent mal les contraceptions hormonales, qui souhaitent mieux comprendre leur cycle ou qui recherchent une méthode plus respectueuse de leur corps. Aujourd’hui, beaucoup de femmes se tournent vers des méthodes dites « naturelles », mais celles-ci reposent souvent sur des calculs du cycle, des observations délicates ou des applications peu personnalisées, ce qui limite leur fiabilité et peut générer de l’anxiété ou des erreurs d’interprétation.
AYA repose sur l’utilisation de tests d’ovulation à haute sensibilité, qui détectent les variations hormonales réelles du cycle, couplés à un algorithme d’analyse permettant de calculer, jour après jour, un pourcentage individualisé de risque de grossesse. L’objectif n’est pas seulement de prédire une date d’ovulation, mais de rendre lisible pour chaque femme sa fenêtre fertile réelle à partir de données biologiques objectives.
Ce dispositif apporte ainsi :
- une meilleure compréhension de son propre cycle
- une aide à la décision éclairée
- une alternative concrète aux contraceptions hormonales
- un outil de prévention basé sur l’autonomie et la connaissance de son corps.
L’ambition d’AYA est de s’inscrire dans une démarche de santé publique en favorisant l’autonomisation des femmes, la prévention et l’innovation utile, en proposant un outil fiable, accessible et fondé sur des données physiologiques plutôt que sur des approximations calendaires.
PAE : Comment as-tu choisi le nom de ton projet ?
Elena : Je souhaitais avant tout quelque chose de féminin, simple, court, doux et facile à retenir. Aya est notamment facile à retenir dans plusieurs langues, ce qui correspond à la volonté de proposer un outil accessible et universel, destiné aux femmes, quels que soient leur âge ou leur culture.
Le choix d’un palindrome s’est imposé naturellement, un mot qui se lit dans les deux sens, comme un clin d’œil au cycle féminin, au rythme et à la répétition.
Par ailleurs, le mot Aya possède différentes significations selon les cultures, souvent associées à l’idée de vie, de féminité, ce qui résonne avec l’esprit du projet.
PAE : Qu’est-ce qui t’a donné l’élan pour te lancer dans cette aventure ?
Elena : Ce qui m’a poussée à lancer ce projet, c’est d’abord un constat répété dans mon entourage, chez mes amies, mais aussi dans les échanges que j’ai pu avoir au cours de mes engagements en prévention en santé étudiante : beaucoup de femmes tolèrent mal les contraceptions hormonales ou les suivent en subissant des effets secondaires importants, faute d’alternative perçue comme fiable quand d’autres se retrouvent à prendre des contraceptifs d’urgence « inutilement » .
En parallèle, j’ai observé un intérêt croissant pour les méthodes dites « naturelles », mais aussi une grande confusion autour de leur fiabilité, de leur utilisation et des risques réels. Beaucoup reposent sur des approximations théoriques du cycle ou sur des observations difficiles à interpréter, ce qui peut générer de l’anxiété et des erreurs.
Ma formation en chirurgie dentaire et en santé publique m’a amenée à réfléchir en termes de prévention, d’autonomie et d’outils concrets permettant aux personnes de mieux comprendre leur propre physiologie pour faire des choix éclairés.
AYA est né de cette réflexion : comment utiliser des données biologiques objectives déjà accessibles et les associer à un outil d’analyse pour proposer une alternative crédible, personnalisée et sécurisante aux femmes qui souhaitent sortir de la contraception hormonale sans se mettre en difficulté.
PAE : En quoi ton projet crée-t-il un véritable IMPACT ?
Elena : AYA est un projet à impact car il agit à plusieurs niveaux, à la fois individuels et collectifs :
– Un impact sur la santé des femmes : en proposant une alternative non hormonale, AYA répond à une problématique fréquente de mauvaise tolérance des contraceptions hormonales et permet de réduire l’exposition à leurs effets secondaires
– Un impact sur l’autonomie et la compréhension du corps : le dispositif ne se contente pas de “donner une réponse”, il permet aux femmes de mieux comprendre leur cycle, leur physiologie et leur fenêtre fertile réelle. Il favorise ainsi une prise de décision éclairée et une réappropriation du corps
– Un impact en prévention : en évitant les effets secondaires des contraceptifs ou encore les stress lié à ces derniers
– Un impact sociétal : le projet s’inscrit dans une évolution des attentes des femmes vis-à-vis de leur santé reproductive, avec une demande croissante de solutions plus naturelles, personnalisées et respectueuses du corps
– Un impact en santé publique : AYA propose une innovation utile, accessible et potentiellement diffusable à grande échelle, qui peut compléter l’offre contraceptive existante sans s’y opposer, en diversifiant les options disponibles pour les femmes.
PAE : Quelles sont les actualités de ton projet ?
Elena : Actuellement, je suis en phase d’échanges avec des professionnels de santé afin d’obtenir une validation médicale du principe du projet et d’en affiner la pertinence scientifique. Ces discussions me permettent de confronter l’idée initiale à la réalité clinique, d’identifier les points de vigilance et de préciser les bases physiologiques sur lesquelles l’outil pourra reposer.
La prochaine étape sera la conception d’un prototype, afin de matérialiser le dispositif et de pouvoir tester concrètement son fonctionnement. En parallèle, un premier prototype d’application avec un algorithme intégré sera développé. Ce prototype permettra de tester le calcul du pourcentage de risque jour par jour et d’évaluer la pertinence et la lisibilité des informations fournies aux utilisatrices avant de passer à des phases plus larges d’expérimentation et de diffusion.
Par la suite, je souhaite engager une phase importante de communication et de pédagogie. L’objectif ne sera pas seulement de proposer un outil, mais aussi d’accompagner les femmes dans la compréhension de leur cycle et dans l’utilisation éclairée du dispositif, dans une logique de prévention et d’autonomisation.
En amont, je devrai investiguer sur le plan scientifique et réglementaire. Je me renseigne sur les validations cliniques nécessaires et les cadres réglementaires applicables (je souhaiterais éviter de positionner AYA dans le dispositif médical mais plutôt comme outil d’aide à la décision). C’est un aspect où il y a encore beaucoup d’hypothèses : le chemin exact dépendra des choix techniques et des partenariats que je pourrai nouer.
AYA incarne parfaitement l’esprit de la promo IMPACT : un projet utile, engagé, et porté par une véritable volonté d’améliorer le quotidien.
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