La Chine, un pays où tout évolue à une vitesse folle

Thibault ALCORANI

Thibault ALCORANI – CREATIVE UNION

 

Thibault ALCORANI, lauréat Passeport 2013, nous explique le parcours qui l’a mené à créer en Chine son entreprise de marketing digital CREATIVE UNION en 2017.

Il nous donne également quelques conseils pour entreprendre là-bas.

 

 

 

Son parcours …

Après un DUT Techniques de Commercialisation, j’ai rejoint l’ESC Brest (aujourd’hui Brest Business School) en 2013 pour y suivre une formation axée sur l’entrepreneuriat. Pour valider mon diplôme de Master, j’ai alors dû effectuer un semestre à l’étranger. Mon choix s’est porté sur Shanghai, où l’ESC Brest venait d’ouvrir un campus. Je n’avais jamais été réellement attiré par la Chine mais j’ai quand même tenté l’aventure, en ayant comme objectif de rentrer quatre mois plus tard pour intégrer l’incubateur Produit en Bretagne. Je voulais y développer un projet de startup initié avec mon parrain Passeport de l’époque, Lionel PERROT-PHILIPPE. André CLOAREC, une des personnes à l’initiative du projet, m’avait alors fait part de son inquiétude quant à mon retour, m’expliquant que Shanghai était une ville très dynamique et que les chances que je revienne étaient minces. Et il avait raison ! A peine sorti de l’aéroport, je suis tombé amoureux de ce pays, mélange de modernité, d’archaïsme et de tradition. J’ai ainsi prolongé mon séjour là-bas et j’ai eu l’opportunité de travailler pendant sept mois chez Bureau Veritas pour re-designer la stratégie digitale du groupe en Chine.

Après une année riche à Shanghai, j’ai choisi de découvrir une nouvelle ville : Shenzhen, la ville du hardware, aux portes de Hong Kong. J’y ai appris le chinois pendant une année de façon intensive et j’ai créé en parallèle TADC, une agence de branding domiciliée à Hong Kong. L’objectif était d’aider les entreprises chinoises à développer leur stratégie de marque, leur image et leur vision à moyen et long terme. J’ai rapidement trouvé mon premier client, Lou, première marque de parfum haut de gamme franco-chinoise. Nous avons travaillé ensemble sur la création et la production d’une gamme de trois parfums. Mais Lou étant basé à Beijing, il devenait compliqué pour moi de rester à Shenzhen (à 2500kms de là). C’est alors que l’ESC Brest, que j’avais presque oublié, m’a rappelé que je devais finir ma dernière année de Master. Luc PONTET, le directeur, a trouvé une université partenaire à Beijing où j’ai finalement pu combiner mon activité professionnelle avec la fin de mes études.

 

La création de CREATIVE UNION …

Après quelques semaines passées à Beijing, j’ai rencontré Thomas KLEIN, un entrepreneur français établi à Pékin depuis 5 ans et ayant créé son agence de développement web. Nous avons rapidement développé des synergies et avons décidé de nous associer début 2017. Durant les premiers mois, nous avons appris à travailler ensemble, avant de lancer en Mars 2017 CREATIVE UNION, une agence de communication digitale qui a pour objectif d’accompagner les entreprises françaises dans le développement de leur communication en Chine. Nous avons ensuite officiellement lancé notre offre en septembre 2017. Nous sommes aujourd’hui cinq personnes à temps plein et avons un réseau de collaborateurs nous permettant de répondre aux besoins spécifiques de notre clientèle, 100% française. Nos services vont de la stratégie digitale au développement web, en passant par la création de contenu, du Community management et du management de campagne sur les réseaux sociaux locaux.

Nous avons deux axes de développement : le premier est de consolider notre offre pour accompagner les entreprises françaises sur le long terme, en gérant l’intégralité de leur communication digitale en Chine. Le deuxième axe est le développement d’une offre spécifique pour les sociétés chinoises souhaitant s’internationaliser (développement web et branding).

Par le biais de Passeport Armorique, j’ai été mis en relation avec Pierre GOMERIEL, lauréat Passeport ayant créé une société de conseil DRIVE au Vietnam. Depuis, nous collaborons régulièrement afin de mettre en commun notre expertise au service d’entreprises françaises. Nos racines bretonnes communes, notre passage par Passeport et notre statut de jeune entrepreneur expatrié ont naturellement instauré une relation de confiance.

 

L’entrepreneuriat en Asie …

La Chine est encore un pays en développement : tout évolue à une vitesse folle, il faut s’avoir s’adapter. Et l’entrepreneuriat n’est pas un long fleuve tranquille : entreprendre en Chine est une aventure semée d’embuches. La lourdeur administrative est sans doute la plus grosse difficulté que nous ayons rencontrée. De plus, en tant que structure chinoise à capitaux étrangers, nous ne pouvons ni bénéficier d’aides du gouvernement ni de prêts bancaires.  Il y a de nombreuses différences avec la France, notamment la taille du marché, la croissance et le dynamisme. De façon pratique, les jeunes entreprises sont moins taxées, le coût du travail est moins élevé et les entreprises étrangères intéressées par ce marché ne cessent d’affluer.

Vivre à l’autre bout du monde, avec une culture très éloignée de la nôtre, offre également certains avantages. En tant qu’expatriés, nous sommes par exemple amenés à rencontrer régulièrement des C-level (hauts responsables) de grands groupes, qu’il serait impossible de rencontrer en France. Ce sont autant d’opportunités pour nous.

Entreprendre en Asie, et plus spécifiquement en Chine, demande certaines qualités telles que la patience, la persévérance et la flexibilité. Avant de se lancer, je pense qu’il faut déjà vivre là-bas plusieurs mois voir années, pour comprendre au mieux la culture et y développer un réseau, notion très importante en Chine. Il faut essayer de se rapprocher d’autres entrepreneurs et apprendre de leurs erreurs. Il n’y a malheureusement pas d’organisme en tant que tel dédié à l’entrepreneuriat en Chine. Mais la CCI France Chine a lancé il y a peu un service très accessible pour les entrepreneurs, permettant de rencontrer la communauté professionnelle française pour développer son réseau.

Je pense qu’il ne faut pas hésiter à frapper à toutes les portes. Et si vous hésitez, posez-vous la question : « Qu’est-ce que j’ai à perdre ? ».  Honnêtement, pas grand-chose !

 

Si c’était à refaire …

Je suis tombé amoureux de ce pays, qui continue de me surprendre au quotidien. Je n’hésiterais pas une seule seconde si cette chance se représentait !

 

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